Fin de saison dans les îles de Trang.

Il y a quinze jours déjà, nous revenions du Grand Sud (dernier arrêt avant la guerre), ivres de plages paradisiaques et de snorkeling effréné, repus de poiscaille et autre seafood – et aussi, ne nous voilons pas la face, d’un début de gastro, pour changer…-, accablés de coups de soleil, de morsures d’insectes divers et de tout aussi divers « bobos de plage », catégorie de blessures – principalement pédestres, mais pas que – à part entière.

(Notre petit campement dans le train tout pimpant. Y a plutôt intérêt à ce que ça pimpe en même temps, vu qu’on y passe un bon moment) (16 heures pour être précise).

« Fin de saison » parce que dans ledit Grand Sud, ça y est, la période « sèche » touche à sa fin, et la mousson est dans les starting-blocks (pas à Bangkok apparemment où rien ne vient rafraîchir une atmosphère certainement à la limite de ce que l’organisme humain peut supporter sans trop de dommages) (mon capital peau par exemple, déjà pas excessivement fourni au départ, est officiellement tout dilapidé) (pour être tout à fait franche, je pense même que ma peau survit à crédit, et va prendre cher de retour en France, quand il faudra rembourser – le bronzage qui donne faussement bonne mine – avec les intérêts – hello dark stains my old friends) (à vrai dire il fait tellement chaud que plus rien ne tient aux murs, la patafix ne cesse de fondre ; la piscine n’est plus qu’un gros bouillon de culture même pas vaguement rafraîchissant ; n’importe quel machin plus ou moins organique oublié hors frigo pourrit en une demi-journée : j’ai très peur pour ma propre personne…), et aussi parce que ces vacances étaient les dernières passées en Thaïlande, pour cette année du moins. C’est donc avec un soupçon de mélancolie que nous nous complaisons dans le visionnage de nos photos, avec une larmichette toute particulière lorsque nous arrivons à celles de Koh Kradan :

(Notre second resort, après que le premier se soit avéré légèrement désastreux. Comme vous voyez, on ne s’y marche pas sur les pieds… Et pour cause : c’est le seul de la plage, et on ne le partageait qu’avec quelques serpents…)

(La blancheur du sable donne à la lumière un aspect un peu irréel…

… renforcé par des choix de déco quelque peu improbables).

Oui, hein ?

Le problème avec toute cette paradisiaquerie, c’est qu’on en devient tout blasés : à Koh Mook – île pour laquelle il n’a pas eu le coup de coeur, rapport à un petit souci de ségrégation socio-spatiale entre resorts de grand luxe d’un côté, et village de pêcheurs vraiment pauvre et cracra… du même côté. Tout à côté même. « Deux salles, deux ambiances » comme on disait au Papayou de Saint Martin en Bresse. Sauf que là, c’est vrai, ça passe encore moins bien que la confrontation Dr Alban/Plastic Bertrand… – Olive en était à dire qu’il ne voyait pas bien pourquoi les gens s’échappaient à grands frais d’avion de leur Sheffield/Montceau-les-Mines/Ruhrgebiet/Dzerzhinsk natal pour venir voir ça :

(Même le clébard creusant son trou au premier plan ne parvient pas à gâcher le coucher de soleil sur Charlie’s Beach).

Dans ces conditions, il me paraît bien temps effectivement que ce garçon rentre un peu tâter du terroir mayennais, histoire de se remettre les idées en place. Je lui tiendrai le parapluie – et l’anorak – et les mouchoirs – pendant qu’il attendra Godot le sunset sur la rivière*…

(… qui, quand bien même il adviendrait, n’a que peu de chances de ressembler à ça. Bon, OK, ça c’est un sunrise, mais l’idée est same same…).

*Billet à haute teneur en mauvaise foi – Laval ♥ forever -, contenant également une subtile référence simonandgarfunkelesque : saurez-vous la retrouver ???