L’image du jour…

… trouvée dans le Bangkok Post :

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2012-11-27 16.16.00

Pas de doute, on est bien en Thaïlande !

On appréciera le bel effort de non-discrimination financière : le bistouri ne connaît pas d’ethnies !

Ceci dit ladite clinique est montrée dans cet intéressant – quoi qu’un tantinet racoleur – reportage sur le phénomène des Katoeys en Thaïlande, et croyez-moi, ça ne donne pas envie d’y aventurer ne serait-ce qu’un orteil. Alors le reste…

La bonne paix.

(Tribute to Chacha au niveau du title)

L’autre jour, le vendeur d’ananas prêt-à-manger (demi-fruit prédécoupé au sabre en morceaux prêts à être embrochés sur la petite pique livrée avec, aroï aroï) (pas de bol je l’ai acheté juste avant de rentrer dans le métro où on n’a pas le droit de manger – une fois un métro-policeman m’a crié dessus pour une malheureuse barre de sésame, j’ai cru que j’allais croupir dix ans à Bang Kwan avec les dealers d’héroïne et de Golce & Dabbana -) m’a dit que j’étais beautiful.

Pas de quoi fouetter trois pattes à un canard, me direz-vous, sauf que si : c’était bien la première fois qu’un Thaï m’adressait un genre de compliment (les moto-saï en attente de clients qui ricanent sous cape – ou plutôt sous leur gilet orange – lorsque je passe devant eux ne comptent évidemment pas. Je soupçonne d’ailleurs qu’ils ne font que se gausser de mes mollets, nettement plus jambonnesques que la moyenne locale).

Joie, bonheur, allégresse donc de voir qu’enfin mes frisouilles et mes yeux bleus produisaient l’effet vaguement escompté.

En même temps quand j’y repense, vu que j’avais ma casquette et mes grosses lunettes de soleil, je me demande si on s’est bien compris*…

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(Pas grand-chose à voir avec le bifteck, si ce n’est que cette méchante smartphoto a été prise dans un taxi, et qu’une fois un chauffeur de taxi m’a dit que j’avais de belles dents. C’est tout**.) (Malheureusement ?)

*Cf article à venir sur le topic « Anglo-thaï et autres petits problèmes de communication ».

** Le souci de vérité (hé hé…) m’oblige à ajouter en toute modestie que quand même, depuis, j’ai fait l’objet d’un genre d’émeute à Ayutthaya, obligée de poser pendant 3/4 d’heure en plein cagna avec toute une série de touristes (Thaïs ? Coréens ? Chinois ? Je n’ai rien pu savoir, parce que « no speak english ») qui de toute évidence tenaient à avoir ma ganache sur leur facebook. J’en étais à deux doigts de me prendre pour le  Maitreya et m’attendais à tout instant à me faire embarquer au Bhoutan comme le petit môme du film Little Buddha

(Le chignon peut-être ?)

Loy Krathong.

Décidément, ce blog a quelques trains de retard (soit dit en passant, associer « train » et « retard » dans une même expression, ici, ça prend tout son sens. Ça prend même un sens tout à fait inédit. A vrai dire, les gens à la gare attendent de voir le train se pointer avant d’acheter leur ticket…), que je m’en vais essayer de rattraper avant qu’on ne reparte en vacances.

Loy Krathong, donc. Kesako ? Commençons par une petite présentation culturelle, ça relèvera un peu le niveau après ces histoires de boyaux en berne et de bleus de fesse.

– C’est donc une des principales fêtes du calendrier thaï, en tout cas l’une des plus populaires avec Songkran. Loy Krathong est célébrée à la fin de la saison des pluies (et, petite contrainte supplémentaire : un soir de pleine lune) : cette année par exemple c’était le 28 novembre. C’est une façon à la fois de remercier la terre pour les récoltes de riz, d’honorer la déesse des eaux (eh oui, le bouddhisme en Thaïlande n’a supplanté ni l’hindouisme, ni le gros fond animiste qui était là encore avant, mais a au contraire intégré le tout dans un gros gloubi-boulga de croyances, dans lequel tout le monde semble trouver son compte) et de s’excuser auprès d’elle pour toutes les saloperies qu’on déverse dedans.

– Comment donc ? Eh bien – et c’est toute la beauté de la chose – en allant coller encore d’autres trucs dans cette pauvre flotte : les fameux khratongs, ces petites embarcations à la base en tronc + feuilles de bananier, décorées de fleurs, de bougies et de bâtons d’encens, et éventuellement agrémentées de mèches de cheveux et de rognures d’ongles si on veut s’assurer de passer une année qui shine autant que ledit krathong. Ou encore de piécettes si on veut s’attirer les grâces de dame Fortune. Encore faut-il cependant que la bougie reste allumée jusqu’à ce que le petit bazar disparaisse à l’horizon… ou du moins jusqu’à ce que les gamins embusqués sous les ponts le récupèrent pour le délester de sa mitraille.

(Un « arrêt de khlong » où l’on peut, si l’on est assez agile, prendre le bateau ou s’en éjecter)

– Évidemment, les nôtres se sont éteints à peine dans l’eau. Peut-être que même la flamme de la bougie ne supporte pas les émanations du khlong ? Car oui, ce soir-là, on a joué la carte de la proximité (de toutes façons c’est tellement la grosse fête que c’est impossible de circuler en ville. Enfin, encore plus impossible que d’habitude) et on s’est rendus au temple du quartier, situé en plein coeur du bidonville-du-bord-du-khlong. Pour info et pour ceux que je n’aurais pas encore bassinés avec ça, un khlong c’est un égoût à ciel ouvert un canal à la propreté douteuse, qui peut faire office de voie de circulation lorsque sa taille se prête à la navigation.

C’est donc dans ces eaux noires et puantes que nous avons délicatement déposé, à l’aide d’une perche prévue à cet effet, nos coquettes petites offrandes, dont nous avions veillé à ce qu’elles soient composées exclusivement de matériaux naturels. Parce que la grosse galette de poly-qui-s’traîne, c’est sûr, ça flotte bien, mais est-ce que ce n’est pas rajouter bien du souci à la déesse des eaux ? Et du coup un peu contre-productif au niveau du fayottage auprès des éléments ?

– Ce qui est sûr en tout cas, c’est que le temple était tout festivisé ce soir-là, et qu’un œil peu averti aurait pu ne pas déceler la dimension religieuse de la chose, pour n’y voir qu’une grosse fête à neuneu kermesse, avec son lot de spotlights, d’enfants qui chantent et de wannabe-miss-khratong qui défilent en costume tradi sur le podium géant, encouragées par au bas mots 5 commentateurs différents qui s’époumonent à qui mieux mieux dans leur micro et autant de sonos crachant leurs tonnes de décibels discordants.

Mais les moines sont bien là, bénissant à tour de bras – et de fleur de lotus – les fidèles qui font patiemment la queue au milieu de ce petit bazar. Les vaches de l’étable du temple étaient aussi de sortie, mais là je n’ai pas trop compris pourquoi. En tout cas l’ensemble vaut le coup d’œil, et la cacophonie ambiante n’ôte rien à la magie du flux ininterrompu de ces petites lueurs filant sur l’eau et dans les airs (les lampions volants sont en effet aussi de la partie).

– Les rues adjacentes ne sont pas en reste, on s’y piétine copieusement les tongs tant la presse est grande, les chiens tournent bourriques, les policiers soufflent à en perdre un poumon dans leurs sifflets pour enjoindre – sans grand succès – à la piétaille de laisser passer les voitures (car non, la circulation n’est pas coupée, ce serait trop simple) et quelques stands relativement inédits dans le quartier profitent de l’affluence d’un soir pour proposer des mets qui, bien qu’autrefois très prisés, sont désormais jugés peu conformes à l’esprit de modernité (et d’alignement sur des standards étrangers) qui souffle sur la mégapole, et ordinairement relégués au rang d’attractions pour touristes dans les quartiers chauds où à Chinatown :

Oui, c’est bien un colporteur d’insectes grillés, larves frites et autres grenouilles séchées ! Et figurez-vous qu’un peu plus tard dans la soirée, cédant à ce qu’il est convenu d’appeler la « pression du groupe »…

(Ça ça n’a rien à voir avec la choucroute, c’est pour faire durer le faux suspense)

…je me suis croqué un gros cricket.

Délicieux, soit dit en passant. Un bon petit goût de viandox.

Et ce le lendemain de ma rencontre avec JCVD : une star et une sauterelle dans la même semaine, ça doit être ça -aussi- la magie de Loy Krathong !

La Toussaint au soleil : nos vacances dans le Sud, part 3.

Disons-le tout net : Koh Lanta, c’est sympa.

Certes pas aussi spectaculaire que Koh Phi Phi ; certes toute la côte ouest au moins est quasiment « imbaignable » (nous mettrons désormais toutes mes approximations langagières sur le compte de ma récente rencontre avec Jean-Claude Van Damme) à cause des rochers ; certes on en connaît qui, alléchés par les promesses du Lonely Planet et avides de paysages incroyables, en sont repartis bien déçus (ne parlons pas de ceux qui viennent en pèlerinage sur les traces de la croûte l’émission TV : j’ose espérer qu’ils sont peu nombreux…).

Eh bien pourtant, on a adoré.

  • Déjà, parce qu’après Koh Phi Phi surpeuplée, on a eu l’impression qu’il n’y avait quasi-personne à Koh Lanta. Ce n’est évidemment pas le cas, mais la configuration de l’île, très longue et bardée de resorts sur toute sa côte ouest, assure probablement une meilleure répartition de la touristaille. Bref, on ne voit pas trop les autres touristes, et ça, c’est un peu le – très paradoxal – souhait number one du touriste lambda. Et a fortiori de ceux qui sont en gastro-recovery.
  • Ensuite, on a eu un genre de gros coup de bol au niveau de l’accommodation. On avait vaguement repéré un énième truc de cabanes en bambous en compulsant le Lonely Planet, notre sainte bible, mais voilà que dans le bateau, une rabatteuse ma foi fort éloquente a profité de notre état de faiblesse patent (notre verdeur a dû nous trahir)(« verditude » prêterait peut-être moins à confusion, mais je ne voudrais pas trahir JCVD pour d’autres aficionados du néologisme…) pour nous faire la retape de son resort « family run« , trop sympa et merveilleux et tout… A vrai dire, l’argument qui a emporté le morceau, c’est qu’un 4×4 tuk-tuk nous attendrait au port et nous emmènerait au resort FOR FREE !

« Supeeeeeeeeeer ! » nous sommes-nous dit en substance (il en faut bien peu pour nous convaincre, cette pratique d’envoyer la camionnette de l’hôtel au port n’ayant vraiment rien d’inédit, mais quand l’estomac est facétieux, l’esprit d’aventure est inversement proportionnel à la fréquence desdites facéties…). Et de toper avec la brave dame. Et de le regretter dans la seconde, certains d’avoir « signé » pour le resort le plus miteux de l’île.

Quelle ne fut donc pas notre (bonne) surprise en arrivant là :

dans cette cahute certes en fond de pelouse, donc un peu loin de la mer… mais qui m’a permis de prendre conscience qu’en fait je n’aimais pas trop ça, dormir au bord de la mer : le bruit du ressac me soûle et entretient fâcheusement mon état-d’alerte-au-tsunami-personnel (qui ne va certainement pas s’arranger vu que samedi on est allés voir The Impossible. Qui par ailleurs est une sombre panouille à la limite de l’indécence. Mais pourquoi diable suis-je allée m’infliger ça ???) Même pas besoin d’ailleurs d’aller à la mer pour se baigner : une somptueuse piscine Beverly Hills’style s’offrait à la demi-douzaine de résidents. Autant dire qu’on ne s’y est pas marché sur les pieds, et que vive la basse saison !

Des phases de plage s’imposaient tout de même, ne serait-ce que pour profiter du bar-restaurant et de son ambiance reggae très pénible prévisible. Il faut croire cependant que mes défenses commençaient à céder, puisqu’Olive m’a surprise à reprendre en cœur avec Bob le refrain de « Buffalo Soldier ». L’usure des nerfs très certainement…

  • Faire du scooter à Koh Lanta est facile et relativement safe. C’est d’ailleurs le moyen de transport le plus usité de l’île. On y a croisé des familles de 4 personnes en brochette sur un même engin, ainsi que de pittoresques nuées de femmes tous voiles aux vents (la population de l’île est à 90% musulmane), fonçant telles des « vengeuses masquées » multicolores.
  • On a donc enfourché notre fier destrier de location, et filé dans la partie centrale, plus montagneuse, avec l’idée de visiter la grotte de Tham Khao Maikaeo. Nous voilà donc dans la jungle à attendre notre guide, lorsqu’une estafette pleine de Russes est venue déposer son -bruyant- contenu devant nos yeux ébahis (et nos oreilles déjà toutes assourdies). « Kakaïa katastrôpha ! Quelle heureuse surprise ! me suis-je dit en mon for pas très intérieur (il se peut qu’Olive ait eu vent de mes remarques pleines de préjugés xénophobes toutes empreintes d’un bel esprit de tolérance). Comme ils ont l’air gentils et polis ! (nos « hellos » restés sans réponse doivent encore résonner dans la jungle…) Et comme ils sont bien chaussés ! Tongs et claquettes, quelle bonne idée pour marcher 1 heure à travers la jungle et cheminer dans une grotte couverte d’argile !  Et puis c’est bien, cette façon qu’ils ont de crier au lieu de parler, c’est rassurant : au moins on ne risquera pas de les perdre dans la grotte. Enfin, si ils arrivent à y entrer, parce que si la grotte est au format thaï, ils risquent quand même de ne pouvoir y passer qu’un mollet. C’est peut-être pour ça d’ailleurs qu’ils discutent si âprement le prix du billet avec le pauvre gardien du parc : ils négocient sans doute un discount pour grotte-incompatibilité. En voilà des clients avisés !… »

Bref c’était à croire que cette brave famille, ressortissante de Vladivostok comme nous l’avons appris plus tard, s’était donné pour but de valider en dix minutes tous les gros clichés qu’on peut avoir sur les (« nouveaux ») Russes – vodka exceptée – ; je n’en avais même plus trop envie de faire l’expédition. Heureusement, s’ils ont confirmé leur rôle bien prévisible de boulets, avançant à grand-peine dans la jungle, et avec plus de peine encore dans la grotte, où leur stature n’était effectivement guère compatible avec la taille des boyaux dans lesquels il a fallu se faufiler, voire RAMPER, ils l’ont fait avec un certain humour et se sont finalement avérés de cocasses compagnons de grotte (et en plus, ils nous permettaient à Olive, moi et notre agilité toute relative de fayotter auprès du guide, légèrement remonté contre « big people » et « bad shoes ». Ou comment briller à moindres frais…).

Certains m’ont même rejointe lorsque je me suis lancée dans une baignade improbable, dans le noir et au fond d’un trou, accessible seulement par une vague échelle aux barreaux cassés :

Et comme on était dans les petits papiers du guide, il nous a montré une « salle » pleine de chauve-souris heureusement endormies. La Vladivostok Team n’y a pas eu droit (il faut dire qu’elle en était encore à essayer de s’extirper de la grotte à grand renfort de jurons retentissants) :

  • Pour nous remettre de ces émotions, on a filoché à la vieille ville de Lanta, sur la côte Est. Là, on est un peu tombés sous le charme de ces maisons traditionnelles en bois étirées le long de la lagune/mangrove. On a fait sa fête à un délicieux poiscaille fraîchement pêché (« monkfish », nous a dit l’homme de l’art ; « genre de lotte », traduit l’ami Wikipédia) avant de se laisser gagner par la torpeur ambiante.

Le Beautiful Retaurant de l’Old Lanta City porte plutôt bien son nom…

Spéciale dédicace pour mon Padre, auquel je pense dès qu’on voit des bestioles bizarres. Et Bouddha sait que ce n’est pas ce qui manque, ici…

  • Anybref, long story short, on est rentrés sur la côte Ouest juste à temps pour… rater le coucher du soleil. Qu’à cela ne tienne, on s’en est consolés à la lumière des chandelles.

Bref, Koh Lanta, c’est sûr : on y reviendra !