Le jaï dee.

Serait-ce notre récente virée au Laos, pays du soupir sourire discret ? Ou la perspective, toute proche maintenant, de notre retour estival dans la mère patrie ? Ou un bête accès de sentimentalisme tarte, le même qui me fait sangloter à gros bouillons dans le métro à la vision de la simple bande-annonce de The Impossible, et ce même APRES que j’ai pu constater le caractère indubitablement daubesque de la chose ?

Toujours est-il qu’après avoir ici et là témoigné d’un esprit un peu rieur quant aux petits travers de nos amis Thaïlandais, le temps est venu de rétablir un certain équilibre et d’évoquer ce qui fait de not’bon royaume un pays si agréable à vivre : le jaï dee, autrement dit et très littéralement : le bon cœur.

(Petite contrepartie fâcheuse du jaï dee : une incompréhensible tolérance pour les street clébards, si miteux qu’ils fussent et quelque ridicules que soient les poses qu’ils adoptent pour rechercher la fraîcheur). 

Alors attention, le jaï dee va bien au-delà du légendaire sourire siamois, qui ici n’est jamais que l’interface « normal » de communication interpersonnelle, une marque de la politesse la plus élémentaire, voire une façade permettant de dissimuler gêne, incompréhension ou mauvais anglais, les trois allant généralement de concert. Non, le jaï dee c’est cette authentique gentillesse, inculquée comme une vertu cardinale à tous les petits Thaïlandais, et devenue chez eux aussi naturelle que la résistance au piment. De sorte que spontanément, par quasi-réflexe, elle leur fait surmonter la crainte des embarras précédemment cités, et ce même dans leurs rapports avec nous, les Farangs-fauteurs-de-gêne. Car oui, par définition, le Farang est une perpétuelle source d’embarras potentiel : dans sa version féminine, il veut rentrer dans les temples en débardeur et short ras-la-conscience, et ne comprend pas trop qu’on lui fasse enfiler un sarong en polyester alors qu’il fait environ 300°C ; dans sa version masculine, il prend souvent la place de quatre Thaïlandais dans le métro ou le BTS sans avoir plus que ça l’air de s’en désoler ; dans toutes les versions, il est susceptible de poser le pied sur le seuil d’un temple, ou pire, sur un billet de banque tombé à terre pour l’empêcher de s’envoler – les billets étant tous à l’effigie de not’bon roi, vous voyez la portée symbolique de la chose. Pire encore : s’il n’a pas bien potassé les pages « pratiques » de son Lonely Planet, le FFDG est capable de rester debout devant une statue de Bouddha plus basse que lui, voire de s’asseoir devant jambes tendues – mais là il va se faire siffler vite fait bien fait, parce que pointer son pied en direction du Bouddha, vraiment, ça se fait TROP PAS comme diraient nos bons djeun’s d’ici et d’ailleurs – ; il se baigne couvert seulement de quelques centimètres-carrés de tissu, au grand péril de son capital-peau, mais oublie de retirer ses pompes en entrant chez quelqu’un ; il parle fort à grand renfort de moulinets de bras, bras qu’il n’hésite pas à lever bien haut pour arrêter le bus ou le taxi, au lieu de l’agiter discrètement vers le bas comme il se doit…

Pire encore, il est capable de s’énerver parce que le train a 2 heures de retard (amis touristes, sachez-le : de la gare de Hua Lomphong, seul le train de nuit part à l’heure, c’est au cours du voyage (et parfois même dès la sortie de la gare) qu’il accumule la petite heure et demi de retard qu’il accuse généralement à l’arrivée ; les trains de jour, eux, pour une raison encore inexpliquée à ce jour, NE PARTENT JAMAIS A L’HEURE, tenez-vous le pour dit) et d’engueuler en lui agitant sa montre sous le nez le pauvre contrôleur qui 1) n’y est pour rien 2) comme tout Thaïlandais, redoute plus que tout au monde de perdre la face.

(Un train qui part à l’heure ? En plein jour ??? Le témoin ébahi ne peut s’empêcher d’immortaliser cet instant historique).

Invectiver quelqu’un en public est donc la pire humiliation qu’on puisse lui faire subir. Alors croyez bien qu’il en faut du jaï dee non seulement pour passer outre l’affront, mais pour éviter de généraliser ce type de dérive et de considérer tous les Occidentaux comme de gros Ragnar Lodbrok hurlants et écumants, tout juste capables de se retenir d’uriner dans les coins et de fendre des têtes à coup de hache à la moindre contrariété.

(Il faut dire que l’Asie du Sud-Est a tendance à attirer des spécimens particulièrement croquignolets…)

Mais le jaï dee va bien au-delà de la simple civilité, de cette impassibilité souriante qui tend à crisper certains de nos compatriotes. C’est lui qui peut pousser votre voisine de promiscuité dans le BTS bondé à vous proposer de prendre sur ses genoux le sac qui vous scie l’épaule pour peu qu’elle ait la chance d’être assise et vous pas. C’est ce qui active le réflexe qu’ont la plupart des gens à qui vous demandez le chemin de votre guesthouse de non seulement vous l’indiquer (après, dites-vous bien qu’on vous indiquera toujours quelque chose par simple politesse/déni d’ignorance, de sorte que vous risquez de vous retrouver au diable vauvert pour avoir suivi à la lettre les conseils bien intentionnés d’un aimable passant), mais en plus de vous appeler ladite guesthouse pour confirmer sa localisation, voire de vous y mener à tobylette. Le tout sans arrière-pensée intéressée, juste parce que ça ne se fait pas de laisser quelqu’un dans l’embarras… et peut-être aussi parce que c’est un peu sanuk d’aider le farang semi-bourré à retrouver le chemin de sa GH qui en fait est à 100 mètres ?

(Bon alors certes le jaï dee c’est la gentillesse gratuite… mais qui prend place dans un système religieux poussant à l’accumulation des mérites. Nous nous permettrons à ce propos un petit crossover civilisationnel sous la forme d’une référence au grand penseur français qui a, de son accent chantant, ainsi théorisé la chose : « Donnez do-o-onnez, donnez, donnez-moua-a-a, donnez do-o-onnez, Dieu vous le rendra. ») 

Explication du concept de sanuk – presque aussi important que celui de jaï dee – dans un prochain épisode, si la fantaisie me reprend de donner dans la veine (pour ne pas dire vaine) « psychologie des peuples ».

Les cabanes en bambou.

Ah elles sont toujours bien riantes vues de l’extérieur, ces petites « bamboo huts » ou « bamboo bungalows » (attention à ne pas se laisser abuser par une terminologie trompeuse, la dénomination du boui-boui dépendant moins, à mon humble avis, de la taille ou de la qualité du logis que du degré d’ébriété d’optimisme de l’heureux propriétaire au soir de l’inauguration), avec leur micro-terrasse ombragée par le auvent, et parfois meublée de chaises/bancs/table, voire de cette invention simple et funky géniale qu’est le hamac.

En plus, avec le sens du détail charmant qui les caractérisent, les Thaïlandais ne lésinent pas sur les mobiles en bouts de corail et autres coquillages décoratifs, ce qui ajoute bien sûr à la coquetterie de l’ensemble. Alors pour peu que la cabane soit posée au milieu d’un joli jardin et/ou face à la mer (mais ne nous inquiétons pas pour ça : c’est généralement sa raison d’être), et enfin suffisamment loin du bar de la plage pour échapper à ses émanations reggaesques, on peut avoir le sentiment d’être sur le point de réaliser un rêve d’enfant.

Une cabane sur la plage, quoi !!!

Malheureusement, de rêve d’enfant à cauchemar d’adulte, il n’y a qu’un pas, et on le franchit généralement en même temps que le seuil de la cabane.

En effet, une fois la porte poussée, on a vite fait de déchanter : le plancher s’y résume à quelques lattes fort ajourées – suffisamment pour permettre l’accumulation de strates de sable délivrées par des générations entières d’orteils de retour de la plage – qui ont de toute évidence connu des jours meilleurs ; ça et là, quelques rafistolages donnent d’ailleurs à réfléchir sur une éventuelle et inquiétante petite perméabilité dudit plancher aux corps humains un tant soit peu plus lourds que la moyenne locale. On ne peut s’empêcher de penser qu’un malheureux Farang en surpoids (+ de 45 kg, donc) a dû, bien malgré lui, prendre la mesure de la hauteur des pilotis.

(Je me demande bien comment le toit en feuilles pliées se comporte en saison des pluies. A-t-on des témoignages de rescapés ?)

Car bien souvent en effet, la bamboo hut est surélevée. Pour quoi donc ? vous demandez-vous, naïfs que vous êtes. Pour échapper à un débordement marin inopiné ? Hummm, comment dire… Non. Ici un « débordement marin inopiné », ça s’appelle un tsunami, et m’est avis que la cabane en osier tressé n’est pas exactement l’équipement adéquat pour y faire face avec un tant soit peu de dignité.

Pour échapper à une inondation pluviale et aux ruissellement subséquents ? Oui, mieux : c’est bien, vous avez compris qu’on passait ici la moitié de l’année dans la chaleur et la flotte (état liquide), et l’autre moitié dans la chaleur et la flotte (état gazeux).

Mais ce n’est pas tout : cette surélévation de quelques mètres vise aussi à prémunir les heureux locataires en quête de retour-à-la-nature-mais-faut-pas-charrier-non-plus contre les visites – inévitables sans cela – de nos amis rampants et autres batraciens.

C’est déjà ça.

Pour ce qui est des autres catégories de bestioles en revanche, la protection assurée par les plaques d’osier tressé toutes disjointes faisant office de murs présente – tiens, qui l’eût cru ? – quelques regrettables failles. La littérature tripadvisoresque est à cet égard aussi édifiante que réjouissante ; face à la variété d’aliens recensés par tous ces néo-Robinsons dépités dans leur bamboo-piaule, on pourrait presque même être traversé par le doute (les draps agités des soubresauts des punaises de lit, really ? La famille de rats trottinant sur les guibolles des enfants endormis, come on !).

Heureusement, quelques expériences récentes sont venues fort à propos nous rappeler qu’en matière de bêbêtes, ici, « everything and nothing is possimpible » comme dirait Barney Stinson.

C’est-à-dire qu’aussi bien vous pouvez avoir dans votre bambungalow :

– rien, nada, que dalle d’êtres vivants, si ce n’est peut-être les germes du tétanos qui dansent une salsa endiablée sur les clous rouillés hérissant le mur (le clou étant souvent, dans cette configuration, conçu une alternative astucieuse et économique à l’ameublement…) en attendant impatiemment que quelqu’un s’y écorche. Mais ça va, ils sont discrets, et vous êtes un sacré veinard.

– de la bêbête petite mais pénible, du type des punaises de lit susmentionnées, ou tout autre machin à fort potentiel démangeant, susceptible de vous transformer en un psychopathe hagard implorant Shiva et tous ses bras de l’aider à se gratter.

(Le nôtre était tout noir, mais sinon : same same.)

– de la bêbête spectaculaire mais pas (trop) dangereuse, tel cet énorme (plus gros, ç’eut été un varan) gecko « tokay » de Koh Phangan qui en plus de nous faire tourner bourrique la nuit avec son couinement retentissant de jouet en plastique qu’on écrabouille, venait enchanter par sa présence pas franchement discrète et légèrement inquiétante le moindre de nos séjours aux wawas. Disons que j’aurais préféré me soulager entre deux lattes du plancher (à quelque chose malheur est bon) que d’aller faire pipi dans son antre (= nos toilettes) au milieu de la nuit…

– de la bêbête franchement dégoûtante et nuisib’, comme ce méchant rat qui lors de notre récent séjour à Ko Kradan a réussi à pourrir en deux nuits l’intégralité de mes affaires, la première en s’introduisant dans mon sac à dos en forant des trous aux travers des différentes poches, tout ça pour parvenir à une malheureuse tranche de pain de mie oubliée là. En même temps la seconde nuit a confirmé que la bestiole était sérieusement affamée puisque je l’ai surprise à boulotter notre savon dans l’évier ! Je vous fais grâce du petit chapelet puant de dommages collatéraux dans les deux cas…

(La cabane de l’angoisse, au Kalume sur Koh Kradan. Ratophiles de tous les pays, soyez les bienvenus. Les autres : rendez-vous service, fuyez.)

Donc pour résumer, les cabanes en bambou, les « jungle bathroom« , le contact avec la nature, tout ça tout ça, c’est super… mais finalement peu compatible avec notre conception bourgeoiso-ccidentale de la « privacy« , qui exclut de partager son intérieur avec trop d’éléments exogènes. Or la cabane en bambou, par définition, est ouverte aux quatre vents : des geckos aux chauve-souris en passant par les ronflements tonitruants de vos voisins de cabane avinés embierrés, potentiellement, rien ne vous est épargné !

(La « jungle bathroom » de Pai, où l’on fait ses affaires sous l’oeil – dubitatif mais heureusement placide – des gros crapiauds embusqués dans tous les coins.)

(Ao Nuan, sur Koh Samet : rudimentaire mais impeccable.)

Pour terminer sur une note positive – et parce que malgré tout j’adore ça, les cahutes du bord de mer (réminiscence de dizaines d’été passés en Normandie à envier les heureux « locataires » des petites cabanes blanches alignées le long de la plage ?) (oui je n’ai compris que récemment que ce n’était pas exactement fait pour y habiter…)-, deux logis de bonne facture, clean et dépourvus de visiteurs nocturnes… qui ont le point commun d’être en dur. Quitte à loger dans un boui-boui donc : au diable le bambou, vive le parpaing !

(Non c’est une blagounette ; amis de la nature et du développement durable, ne partez pas : elles sont en bois !)

( Ao Niang sur Koh Kradan : plage de rêve et cabanes à l’avenant, de quoi faire oublier les quelques serpents ) (à l’extérieur, hein, les serpents. C’est là qu’on comprend tout l’intérêt des pilotis et des murs jointifs avec le toit…).

Fin de saison dans les îles de Trang.

Il y a quinze jours déjà, nous revenions du Grand Sud (dernier arrêt avant la guerre), ivres de plages paradisiaques et de snorkeling effréné, repus de poiscaille et autre seafood – et aussi, ne nous voilons pas la face, d’un début de gastro, pour changer…-, accablés de coups de soleil, de morsures d’insectes divers et de tout aussi divers « bobos de plage », catégorie de blessures – principalement pédestres, mais pas que – à part entière.

(Notre petit campement dans le train tout pimpant. Y a plutôt intérêt à ce que ça pimpe en même temps, vu qu’on y passe un bon moment) (16 heures pour être précise).

« Fin de saison » parce que dans ledit Grand Sud, ça y est, la période « sèche » touche à sa fin, et la mousson est dans les starting-blocks (pas à Bangkok apparemment où rien ne vient rafraîchir une atmosphère certainement à la limite de ce que l’organisme humain peut supporter sans trop de dommages) (mon capital peau par exemple, déjà pas excessivement fourni au départ, est officiellement tout dilapidé) (pour être tout à fait franche, je pense même que ma peau survit à crédit, et va prendre cher de retour en France, quand il faudra rembourser – le bronzage qui donne faussement bonne mine – avec les intérêts – hello dark stains my old friends) (à vrai dire il fait tellement chaud que plus rien ne tient aux murs, la patafix ne cesse de fondre ; la piscine n’est plus qu’un gros bouillon de culture même pas vaguement rafraîchissant ; n’importe quel machin plus ou moins organique oublié hors frigo pourrit en une demi-journée : j’ai très peur pour ma propre personne…), et aussi parce que ces vacances étaient les dernières passées en Thaïlande, pour cette année du moins. C’est donc avec un soupçon de mélancolie que nous nous complaisons dans le visionnage de nos photos, avec une larmichette toute particulière lorsque nous arrivons à celles de Koh Kradan :

(Notre second resort, après que le premier se soit avéré légèrement désastreux. Comme vous voyez, on ne s’y marche pas sur les pieds… Et pour cause : c’est le seul de la plage, et on ne le partageait qu’avec quelques serpents…)

(La blancheur du sable donne à la lumière un aspect un peu irréel…

… renforcé par des choix de déco quelque peu improbables).

Oui, hein ?

Le problème avec toute cette paradisiaquerie, c’est qu’on en devient tout blasés : à Koh Mook – île pour laquelle il n’a pas eu le coup de coeur, rapport à un petit souci de ségrégation socio-spatiale entre resorts de grand luxe d’un côté, et village de pêcheurs vraiment pauvre et cracra… du même côté. Tout à côté même. « Deux salles, deux ambiances » comme on disait au Papayou de Saint Martin en Bresse. Sauf que là, c’est vrai, ça passe encore moins bien que la confrontation Dr Alban/Plastic Bertrand… – Olive en était à dire qu’il ne voyait pas bien pourquoi les gens s’échappaient à grands frais d’avion de leur Sheffield/Montceau-les-Mines/Ruhrgebiet/Dzerzhinsk natal pour venir voir ça :

(Même le clébard creusant son trou au premier plan ne parvient pas à gâcher le coucher de soleil sur Charlie’s Beach).

Dans ces conditions, il me paraît bien temps effectivement que ce garçon rentre un peu tâter du terroir mayennais, histoire de se remettre les idées en place. Je lui tiendrai le parapluie – et l’anorak – et les mouchoirs – pendant qu’il attendra Godot le sunset sur la rivière*…

(… qui, quand bien même il adviendrait, n’a que peu de chances de ressembler à ça. Bon, OK, ça c’est un sunrise, mais l’idée est same same…).

*Billet à haute teneur en mauvaise foi – Laval ♥ forever -, contenant également une subtile référence simonandgarfunkelesque : saurez-vous la retrouver ???

Les toilettes.

Alors ça, c’est l’impondérable. L’imprévisible de l’accommodation. La cherry on the cupcake ou, à l’inverse, la goutte d’eau qui fait déborder la cuvette d’une piaule déjà gentiment miteuse.

Historiquement, j’ai l’impression que nos wawas à l’occidentale ne sont pas vraiment dans la culture thaïlandaise. Pas besoin d’être un bien grand Sherlock pour parvenir à cette conclusion : il suffit d’aviser le genre de mode d’emploi qui accompagne généralement lesdits wawas.

Le message est clair : il s’agit de déjouer la tentation – apparemment bien ancrée – que pourrait ressentir l’usager thaï de s’accroupir sur la cuvette (ainsi que d’en faire, au choix ou tout à la fois : sa poubelle, un astucieux support de taï-chi, son porte-chandelle ou porte-mégot ???).

La norme ici, c’est en effet le WC « à la turque ». On s’en aperçoit dans les lieux publics de type gares (évidemment pas dans les malls, où l’on pourrait passer sa journée à tester toutes les options de jets d’eau et d’air proposés par ces gogues ultra-modernes, véritables spas pour le derrière – le sp’ass, un concept à développer ? – et entrecouper ladite journée par un pique-nique à même le sol, tant celui-ci est généralement rutilant de propreté) ou dans les hébergements un tant soit peu tradis.

Si tradis que parfois – je songe notamment à notre fort modeste logis à Amphawa, repaire de touristes exclusivement thaïs du fait de son inénarrable marché flottant – le chiottard ne comporte même pas la petite douche-fesses de rigueur, celle-là même qui dispense nombre de sanitaires de fournir la moindre feuille de P-derche à l’usager, qui se retrouve ainsi fort dépourvu lorsque la bise fut venue.

A vrai dire, ce haut lieu de la méditation sur l’humaine condition s’y résumait à un trou, accompagné du dispositif de chasse d’eau traditionnel : le seau d’eau assorti de son petit bol en plastoc. Système qui ne me dérange pas plus que ça : je ne trouve pas plus cracra d’empoigner le manche d’une flush-gamelle que d’appuyer sur un bout de métal où dix millions de doigts pas très sauber ont pu se poser depuis la dernière désinfection ; en plus, l' »installation » (c’est un bien grand mot, on l’aura compris) a l’immense mérite d’être économe en eau, puisque le quidam ajuste le prélèvement au plus près de ses besoins, si je puis dire (amis de la fine allusion, bienvenue à notre festival annuel) …

Non, le vrai souci, c’est que le système de lavage était de la même eau, c’est-à-dire consistait en une vasque format baignoire au fond et parois verdâtres dans laquelle on devait prélever, toujours avec une gamelle plastoc, de quoi se rafraîchir les idées et le reste… Ça peut paraître gérable dit comme ça, mais alors il faut m’expliquer comment se laver les mains sans le secours d’un tiers (et la jurisprudence « comment se rincer les mains dans la nature à l’aide d’une bouteille d’eau judicieusement coincée entre les genoux » ne s’applique pas ici, hein : vous essaierez avec une gamelle, vous m’en direz des nouvelles…).

(Ah oui j’oubliais – peut-être parce que ça n’a rien de spécifique à la Thaïlande – : no paper in the « tollet », telle est la règle d’or du wawa de vacances !)

Week end à Ko Sichang

Ko Sichang, c’est si schön

Ko Sichang, comme son « Ko » l’indique, c’est une île, probablement la plus proche de Bangkok. S’y rendre ne prend en tout cas que 3h30 de bus + raffiot, ce qui est plutôt une bonne opération compte tenu du dépaysement offert (et du fait que tout le trajet jusqu’à Si Racha s’effectue sur une seule et même rue/route, probablement la plus encombrée de tout le pays : Sukhumvit Road).

Au premier abord, pourtant, Ko Sichang ne paraît pas si schön ; il faut dire que cette partie du Golfe de Thaïlande, au large de Si Racha, est légèrement encombrée de vieux et néanmoins énormes bateaux à grues qui ont l’air de rouiller là rien que pour faire moche, mais qui apparemment constituent la principale plate-forme de redistribution de marchandises du pays pour ce qui concerne la voie maritimo-fluviale. Comme il y en a un peu des centaines qui trouent le bleu à perte de vue, l’effet est pour le moins saisissant.

Amateurs de paysages d’apocalypse industriel, bonjour.

(Bonjour Olive, donc.) (Et au revoir copies à corriger et autres menus travaux à dimension professionnelle – qu’il me suffise de dire que, comble de la pensée magique, l’ordinateur portable avait été glissé dans les bagages pour ce week-end – dans la mesure où sitôt arrivé, Monsieur s’est donné pour objectif de photographier comme il se doit – c’est-à-dire de pas très haut* – ces montagnes de ferraille à tentacules…)

Et pourtant, pourtant… Ko Sichang c’est aussi :

  • Une ancienne résidence royale, où not’bon roi Chulalongkorn, le grand-père de not’bon roi actuel, s’était fait aménager un parc un peu à l’européenne, avec succession de terrasses, balustrades en pierre et bassins artificiels dans les coins, le tout ménageant des vues superbes sur la mer. Le clou du spectacle était autrefois le palais en teck doré, autoproclamé le plus grand du monde, qui trône désormais au parc Dusit à Bangkok sous le nom de palais Vimanmek (on croit que ce sont les Suédois qui ont inventé la vie en kit, mais en fait non. Et puis au moins, les maisons tradi thaïes, elles, se REMONTENT après démontage…). Maintenant, c’est plutôt la profusion des frangipaniers et autres arbres à fleurs, le contraste presque violent des couleurs, et l’atmosphère un peu magique des fumées de l’encens offert à la mémoire de feu l’illustre propriétaire des lieux.

  • Un temple chinois du genre énorme, qui occupe à lui tout seul un bon flanc de montagne. C’est blindé de monde, et on ne comprend rien à rien : mais qui est ce singe au béret de capitaine qui semble faire l’objet d’une vénération toute particulière ?

Mais pourquoi font-ils donc exploser ces séries de pétards aux bras de cette croix – mais déjà pourquoi une croix ? – toutes les minutes que le Bouddha fait ?

Et d’ailleurs, speaking of Buddha, pourquoi le leur est-il si… différent ?

Et quelle peut bien être la teneur de ces messages laissés à grands frais dans cette grotte (j’ai vu des grosses poignées de billets de 100 changer de main pour quelques bandelettes)…

… ou bien gratuitement sur les feuilles de ce drôle de cactus ?

MAIS on ne peut qu’admirer la beauté un peu bling et pourtant pas dépourvue de délicatesse de l’ornementation à la chinoise.

Et l’ingéniosité de ce funiculaire en forme de bateau !

Ah oui parce que j’ai peut-être omis de le signaler, mais à Ko Sichang les pentes sont raides, et le soleil cogne dur en cette saison (comme partout en Thaïlande vous me direz). On a voulu faire les malins et se farcir le chemin de procession pour atteindre la Buddha’s footprint en haut de la colline, eh ben on était plus morts que vifs en arrivant. Et bien dépités de constater que la chose était en fait desservie par une route, donc qu’on aurait pu y parvenir à tobylette…

  • De la bonne route pas trop mondue pour faire de la tobylette en presque toute sécurité, justement…
  • … Et parvenir à cette bien belle plage de Haad Tham Phang, un peu mondue, elle, du fait que c’est la seule de l’île, mais vraiment chouette au coucher du soleil, du genre à déclencher des envies d’artistiquerie chez le moins féru de photographie des quidams (mettons mézigue), d’où cette petite série que je tiens – en toute modestie – pour ma Cathédrale de Rouen personnelle (attention c’est un peu longuet, même si PAS DU TOUT redondant…) :

  •   Des paysages presque méditerranéens, rapport peut-être à la végétation aussi basse que flamboyante, et au contraste mer/montagne très accentué :

  • De la seafood en veux-tu n’en voilà (les fins connaisseurs de nos régions auront reconnu le « n' » sarthois), avec notamment ce bon bar au gingembre et citron qui n’a pas fait long feu dans sa potiche…

… et cette mémorable platée de crabe dont je ne peux même pas montrer de photos tant je lui ai bien vite cassé la figure, laissant derrière moi un grand champ de bataille alimentaire dont je préfère épargner la vision aux âmes sensibles.

  • Un marcassin peu farouche, sur lequel nous terminerons tant il incarne bien la sympathique étrangeté de l’île :

(Et faute d’une meilleure idée de conclusion, aussi, il faut l’avouer)

(si ce n’est : »Ko Sichang, ne bouge pas, on r’viendra ! »)

(Et peut-être que d’ici là j’aurais appris à faire des photos sans sucrer les fraises en même temps, ça nous reposera l’œil, non ?).

* Voir l’incontournable et wunderbar La Terre vue de (pas très) haut, fournisseur officiel d’images qui font rêver : http://guilminou.blogspot.com/

Le Thaïglish

De prime abord, on peut avoir l’impression que nos amis Thaïs ne parlent pas très bien anglais.

De prime abord, c’est d’ailleurs ce que nous avons pensé.

Il faut dire que dans les semaines qui ont suivi notre arrivée, l’expression que nous avons entendue le plus souvent, c’était « maï mi » – qu’avec nos connections neuronales légèrement amorties par le choc thermique, nous entendions parfois « mi-mi » -.

Comme de vigoureux mouvements de la tête de droite et de gauche accompagnaient généralement l’assertion, il ne nous a pas été trop difficile, en dépit du problème synaptique susmentionné, de comprendre qu’il s’agissait d’une négation. Et comme cette micro-phrase répondait généralement à une demande – plus ou moins saugrenue – de notre part (« Vous n’auriez pas un masque à yeux pour faire du noir même quand c’est pas la nuit ? Ceux qui sont distribués dans les avions et que je n’ai pas eu la présence d’esprit de ramasser dans le zinc, trop contente que j’étais de m’en barrer, et peut-être un peu ramollie du bulbe après 14 heures de vol et les médocs y afférant ? Et de la crème solaire indice 460, ça vous auriez ? Y faudrait y songer, pourtant. Et de l’eau micellaire ? Ah ben comment je vais faire, moi, pour me nettoyer la ganache de la couche de crème solaire qui pègue et qui fait adhérer la pollution ?), nous avons vite compris que c’était la façon thaïe de dire « Non, on n’a pas ».

Ceci d’autant que – et c’est toute la beauté de la chose -, nos interlocuteurs (des vendeuses généralement bien avancée sur la voie de l’english fluenterie, puisqu’en contact régulier avec les nombreux Farangs du quartier) ajoutaient la traduction quasi-officielle en Thaïlande du « maï-mi », de façon à former cette merveilleuse redondance, à prononcer d’une seule traite : « Maï mi no have« .

Ce « maï mi no have » faisant écho au tout aussi courant « Yes can do » (ainsi qu’à son – beaucoup plus rare – pendant négatif, « No can do« ), je crois qu’on peut l’affirmer sans risquer l’impair diplomatique : les Thaïs ont une approche assez libre de la grammaire anglaise. Il faut dire à leur décharge que leur propre langue compense sa complexité visuelle et auditive (48 lettres, 55 signes, des mots pas séparés à l’écrit, et 5 tons à l’oral…) par une syntaxe extrêmement simplifiée, dans laquelle par exemple les verbes ne s’accordent ni ne se conjuguent. Ainsi notre fameux « maï mi » peut-il signifier, en l’absence d’autre indication, aussi bien « je n’ai pas » que « ils n’ont pas » et, pour autant que j’en sache, « tu n’auras pas »…

Cette liberté linguistique transposée au briton touche parfois à une créativité réjouissante : j’en veux pour preuve le drolatique « same same » pour dire « pareil », « c’est la même chose », dont la formation illustre la signification (et dont j’avais, à force de l’entendre, fini par croire qu’il était correct en anglais ; je l’ai même vu orner des T-shirts à Chatuchak, c’est dire s’il est en voie de folklorisation…).

Pour peu que s’ajoute à cela un petit problème d’accent, on peut assez rapidement se retrouver dans un genre d’impasse communicationnelle : ainsi alors que nous cherchions, comme de coutume à l’arrachée, un moyen de rentrer de Krabi à Bangkok, la dame du guichet de la gare routière s’obstinait à nous répéter, d’un ton de moins en moins aimable à mesure que nos « Sorry, can you repeat please ? » s’accumulaient, cette exclamation mystérieuse :

« Bat foun, bat foun ! « 

Je crois que c’est autour du dixième « batfoun » – et d’autant d’échanges de regards consternés – qu’Olive, tel Saint Paul sur le chemin de Damas, a eu son illumination : « BUS FULL ! The bus is full, right ?« . Et c’était bien ça… Mais autant nous étions soulagés que le dialogue de sourds ait enfin trouvé une issue – quelque peu arrangeante que soit celle-ci -, autant la dame du guichet, elle, accusait visiblement le coup, exténuée et de toute évidence un peu contrariée de la tournure qu’avait pris notre échange.

Car – c’est mon étudiante thaïe qui me l’a confié plus tard – ce sont précisément ces attitudes d’incompréhension de la part des Farangs, ces sourcils levés, ces demandes un peu péremptoires de reformulation, pour ne rien dire des ricanements qui peuvent accompagner l’eurêka (lorsque par chance il advient), qui mettent les Thaïlandais particulièrement mal à l’aise – eux qui cherchent précisément à éviter toute situation de gêne ou d’embarras dans leurs rapports avec autrui -, les rend honteux de leur accent, et les décourage de tenter des réponses un tant soit peu élaborées aux questions des Farangs (qu’ils supposent – bien à tort évidemment – être tous des anglophones accomplis). D’où la tentation de se réfugier derrière le « Maï mi no have« , alors que 1) le produit est peut-être en rayon   2) tous ont appris à l’école comment expliquer où il se trouve.

Donc oui, on peut avoir l’impression que nos amis Thaïs ne parlent pas très bien anglais (et il y a même souvent un petit fond de vérité). Mais ce serait bien de la dépasser, cette impression. J’y travaille…

(… dit celle qui ne peut pas s’empêcher de pleurer de rire à chaque fois qu’elle raconte l’histoire du « batfoun » à qui veut bien l’entendre…)

Noël au balcon…

Pâques la clim’ à fond ! Eh oui, ici, il n’y a en fait que deux saisons, thermiquement parlant : chaude et très chaude.

(Ça c’est plutôt le jour de l’an au balcon, mais enfin l’idée est là. On notera le marché installé là pour la circonstance : en Thaïlande, toutes les occasions sont bonnes pour consommer. En purs esprits, totalement détachés des contingences matérielles que nous sommes, nous avons pris un peu de hauteur afin de nous rincer le gosier à l’aide de cocktails judicieusement choisis méditer sur l’insondable vanité de cette agitation consumériste et repérer from above les plus chouettes foulards en soie).

Anybref afin de rendre compte de ces vacances de la Noyel dans le Nord avant que celles de Pâques n’arrivent, et dans un souci de satisfaction du lectorat (oui, toi Maman ! Et toi Julie ! Et to… ah non, c’est tout) qui réclame à corps et à cris des explications sur le pourquoi du comment du contexte des photos, nous opterons cette fois pour la forme plus expéditive du « photo-blabla » (j’avais d’abord écrit « photo-reportage », mais à la relecture ça m’a semblé être un coup à faire s’agiter Robert Capa dans sa tombe. Tu peux RIP, Bob, je lâche l’affaire pour le Pulitzer !).

Passons donc sur les 12 heures de petit train (très bien ; dommage qu’il manque une traverse sur deux aux rails, ça gâche un peu la fluidité de la translation rectiligne. Et manque de faire choir à tout instant les quidams reposant sur une couchette supérieure. Dont j’étais, bien évidemment). (En même temps dormir en bas le nez à 20 cm des godasses de tout le wagon, j’ai déjà donné dans le train de nuit pour Rome, merci bien mais plus jamais, hein) et abordons derechef notre première destination : Chiang Mai.

  • La « capitale du Nord » et deuxième ville du pays est bien jolie, du moins dans sa partie intra muros (dès qu’on en sort, on retrouve laideur urbaine, embouteillages et gaz d’échappement. Mais peu de malls et de gratte-ciel : de ce point de vue-là, Bangkok est vraiment une exception, pour ne pas dire un autre monde qui n’a que peu à voir avec le reste de la Thaïlande) ; les temples notamment sont tout à fait remarquables : toute la kitcherie habituelle est là …

… mais agrémentée de quelques effets de surprise…

(Le Bouddha du Nord, apparemment, ne dédaigne pas la facétie.)

… parfois quelque peu déconcertants :

J’ai mis environ 100 ans à comprendre que ces braves bonzes étaient en cire. Il faut dire à ma décharge que le souci de réalisme est poussé jusqu’aux dessous de pieds cracras !

Pour celui-ci (en bas à droite, dépassant à peine du gros bouton de lotus en fleurs de crépon) j’avoue que j’hésite encore ; j’étais sur le moment tellement persuadée que c’était un vrai que je n’ai pas osé le prendre cash en photo, et ai dû faire mine de chercher à immortaliser le portrait de not’bon roi avec son épouse not’bonne reine. Comme si on ne le trouvait pas environ partout, ce portrait …

Mais, trêve de blagounettes, c’est aussi à Chiang Mai que j’ai vu les plus beaux nagas (ces serpents mythologiques du bestiaire hindouiste, intégrés sans état d’âme par l’iconographie bouddhiste, qui en a fait un indispensable de l’ornementation des toits des temples… ainsi que, dans une moindre mesure, de leurs entrées, rappelant par là que Bouddha est descendu du ciel sur un escalier dont les rampes étaient constituées de deux nagas) :

(Le naga démultiplie bien volontiers ses têtes ; de ce point de vue-là on ne peut pas le taxer de radinerie…)

(La petite fille en costume môn tradi – sous l’abat-jour fushia en bas à droite – nous tourne le dos parce qu’on n’a pas payé pour la prendre en photo. Mercantilisme quand tu nous tiens) (bon en même temps on est allés dans un village môn tout perdu dans la montagne, et c’est vrai qu’ils n’ont pas pas l’air d’avoir trop de sous…).

  • Après, l’IMMENSE différence avec Bangkok, c’est que les environs de la ville sont plutôt chouettes (à Bkk les « environs de la ville », c’est encore de la ville ; dimanche soir en rentrant de Kanchanaburi, on a ainsi pu rouler 3 heures – les vraies, pas la figure de style – sans « rupture de continuité du bâti », comme diraient nos amis de l’INSEE, avant d’arriver chez nous. Impressionnant.) consistant en diverses montagnes agrémentées de forêts, de cascades…

… et bien sûr de temples, comme ici au Doi Suthep, dans le parc national du même nom :

(On notera les têtes de naga ornant les bords de toit ; au bout du faîte, tout en haut, l’espèce de tête d’oiseau est un chofa – littéralement « pompon du ciel » ! – censé représenter Garuda, la monture mi-homme mi-volatile de Vishnu. Oui, Vishnu est un dieu hindou, mais ce n’est pas gênant : le bouddhisme est tolérance ! Plus intéressant : seuls les bâtiments religieux et royaux peuvent s’orner de nagas et de chofas. Sinon, c’est la schkoumoune garantie sur 20 générations).

Pour la petite histoire, nous étions censés grimper au temple (une douzaine de kilomètres depuis Chiang Mai, en route à lacets of course) en tobylette. Mais suite à un petit « incident voyageur » (Olive jure ses grands dieux qu’il n’avait pas l’intention de se débarrasser de moi pour filer avec une jeune Thaïe plus avenante que mézigue – pléonasme – ; aujourd’hui encore, je dubite) AVANT MÊME QU’ON AIT ATTAQUÉ LA CÔTE, j’ai préféré opté pour la sécurité – toute relative – d’un bon vieux sorng-taa-ou bondé, laissant Olive se débrouiller avec son – pas très fier – destrier. Chose qui d’après lui est devenue beaucoup plus facile une fois ledit destrier soulagé de mon poids (une bien belle journée, donc, conjugalement parlant)  :

Mais enfin du haut du temple, on est récompensé de ses efforts par :

– une nouvelle profusion de touristes d’or :

– un superbe panneau de bois sculpté dans un bon vieux style chinois :

– quelques fresques intéressantes :

(Celle-là au moins je sais l’expliquer : c’est un épisode de la vie du Bouddha lorsque, attaqué par le démon Mara qui le somme d’apporter la preuve de ses mérites, il prend la Terre à témoin – cette position du Bouddha, avec le bras droit reposant sur la jambe et la main touchant presque le sol, porte d’ailleurs le nom de « prise de la Terre à témoin » -. Apparaît alors Thorani, genre de déesse de la terre et des eaux, qui se met à tordre sa chevelure pour l’essorer. En sortent des millions de gouttes, chacune étant censée représenter un mérite du Bouddha ; le tout forme un torrent qui emporte Mara et son armée de démons.) (C’était donc la séquence « rentabilisons notre formation au Musée National et entraînons-nous à assommer les touristes par l’étalage de notre toute nouvelle confi-culture sud-asiatique ». Ça marche, non ?) 

– et surtout la super vue qu’on a sur Chiang Mai depuis là-haut :

(Pas de bol : entre brume de chaleur et pollution, ici les photos ne rendent jamais vraiment justice aux paysages urbains.)

La suite au prochain épisode…